Tout le monde se sent seul de temps en temps. Quand nous n’avons personne à côté de qui nous asseoir au déjeuner, quand nous déménageons dans une autre ville, ou quand personne n’a de temps pour nous le week-end. Mais ces dernières décennies, ce sentiment occasionnel est devenu chronique pour des millions de personnes. Nous vivons dans l’ère la plus connectée de l’histoire de l’humanité, pourtant, un grand nombre d’entre nous se sent isolé.
Être seul et se sentir seul ne sont pas la même chose. Vous pouvez être rempli de bonheur par vous-même et détester chaque seconde entouré d’amis. La solitude est une expérience purement subjective et individuelle, et que ce soit l’argent, la célébrité, le pouvoir, la beauté, les aptitudes sociales ou une personnalité extraordinaire, rien ne peut vous protéger de ce sentiment, parce que cela fait partie de votre biologie.
Mais alors qu’est ce que la solitude ? La solitude est une fonction physiologique comme la faim. Quand cette dernière nous fait prêter attention à nos besoins physiques, la solitude elle, nous fait prêter attention à nos besoin sociaux, parce qu’il y a des millions d’années c’était un bon indicateur de notre capacité à survivre. La sélection naturelle récompensait nos ancêtres, quand ils collaboraient ou se liaient les uns aux autres. Rester ensemble signifiait survivre, rester seul signifiait mourir. la plus grande menace donc à la survie n’était pas d’être mangé par un lion, mais de ne pas s’acclimater à l’ambiance de son groupe et d’être exclu. Pour éviter ça, notre corps a mis au point la « douleur sociale », qui est une adaptation de l’évolution à l’isolement : une sorte de signal d’alarme primaire pour être sûr que nous arrêtons de nous isoler par notre comportement.
Ces mécanismes pour nous garder connectés ont bien marchés durant la plupart de notre histoire, jusqu’à ce que les humains commencent à bâtir un nouveau monde pour eux. Le revers du monde moderne, la solitude épidémique que nous voyons aujourd’hui a commencé pendant la Renaissance tardive, la culture occidentale a commencé à se concentrer sur les individualités les intellectuels se sont détachés du collectivisme hérité du Moyen-Âge, pendant que la nouvelle théologie protestante a mis l’accent sur la responsabilité individuelle. Cette tendance s’est accélérée pendant la Révolution Industrielle et les gens ont quitté leurs villages et leurs champs pour les usines. Des communautés qui avaient existé pendant des centaines d’années ont commencé à se dissoudre, pendant que les villes se développaient.
Aujourd’hui, La plupart des gens basculent dans la solitude chronique par accident : nous devenons adultes et nous sommes occupés par notre travail, l’université, l’amour, les enfants, et Netflix. Il n’y a juste pas assez de temps, et la chose la plus facile à sacrifier est le temps avec les amis, jusqu’à ce qu’on se réveille un jour et qu’on se rende compte qu’on se sent isolés, qu’on est en manque de relations intimes.
Alors que les humains sont devenus familiers avec les IPhones et les navettes spatiales, nos corps et nos pensées sont sensiblement les mêmes qu’il y a 50 000 ans. Nous sommes toujours biologiquement conçus pour être avec les autres.
Des études à grande échelle ont montré que la tension provenant de la solitude chronique est parmi les choses les plus mauvaises pour la santé que nous pouvons connaître en tant qu’humains. En plus de nous fait vieillir plus vite, de rendre le cancer plus mortel, de faire que la progression de la maladie d’Alzheimer soit plus rapide, d’avoir un système immunitaire plus fragile, la solitude est deux fois plus mortelle que l’obésité et aussi mortelle que fumer un paquet de cigarettes par jour.
Quand la solitude devient chronique, notre cerveau passe en mode préservation. Il commence à voir du danger et de l’hostilité partout. Mais ce n’est pas tout. Des études ont montré que quand on se sent seul, notre cerveau est plus réceptif aux signaux sociaux, alors que dans le même temps, il a plus de mal à les interpréter correctement. On prête plus attention aux autres, mais on les comprend moins. La partie de notre cerveau qui reconnait les visages n’est plus affûtée et catégorise davantage les visages neutres comme hostiles, ce qui le rend méfiant.
La première chose que vous pouvez faire pour vous en échapper,,est d’accepter que la solitude est un sentiment tout à fait normal et non pas une sentiment dont on doit avoir honte. Tout le monde se sent seul à un moment de sa vie, c’est une expérience humaine universelle. Vous ne pouvez pas éliminer ou ignorer un sentiment jusqu’à ce qu’il disparaisse, mais vous pouvez accepter de le ressentir et de vous débarrasser de sa cause.
Bien sûr, chaque personne et chaque situation est différente, et une simple introspection peut ne pas être suffisante. Peu importe si nous regardons la solitude comme un problème individuel qui doit être résolu pour augmenter son bonheur, ou comme une crise médicale publique, c’est quelque chose qui mérite davantage d’attention. Les humains ont construit un monde absolument incroyable, et pour l’instant, aucune des choses reluisantes que nous avons créées n’est capable de satisfaire ou de se substituer à notre besoin biologique fondamental de connexions.
La plupart des animaux ont ce dont ils ont besoin avec leur environnement physique. Mais nous humains, nous obtenons ce dont nous avons besoin à partir des autres, et nous avons besoin de construire notre humanité artificielle à partir de cela.